Suis-je en train d’oublier mon blog?
7 mois sur le plateau Mont Royal, 7 mois chez Ubi Montréal, 7 mois à fleurir mon blog de récits épiques, de billets d’humeurs, de procrastination, et de vidéos coolis.
Puis l’excitation des débuts s’est envolée, l’envie d’écrire rassasiée, le besoin d’exhibition assouvi… Ce qui était au départ mon carré de liberté est devenu un jardin à l’abandon dans lequel je passe plus de temps à me débarrasser des spams qu’à planter des graines.
Le truc c’est qu’il y a ce qu’on raconte sur son blog et ce que l’on ne peut raconter. Les joies et les peines avec l’enfant de l’autre côté de l’Océan, les accroches à distances avec ses amis, le tumulte de la vie de couple, le Game of Thrones qu’est le milieu du jeu vidéo. Et puis au fond il y aussi l’absence quasi absolue de vie en dehors du travail qui n’aide pas à trouver du temps et des sujets pour fleurir son blog.
C’est vrai aussi que je ne peux m’empêcher de me laisser dévorer par chaque projet sur lequel je travaille. Je me réveille à 5h du matin à cause de pensées aussi insidieuses que confuses tournant autour des problèmes de la veille; je passe au moins douze heures au bureau à travailler sans pauses, avec repas sur un coin de table; puis je rentre pour décompresser une heure ou deux avant de tomber d’épuisement.
Je me souviens du temps pas si lointain où même avec un enfant en bas âge à la maison, je trouvais le temps en rognant sur mes nuits de finir tous les jeux et de voir tous les films. Un temps où il m’aurait été facile d’exploiter cette matière pour pondre un max de billets sur le cinéma et les jeux vidéo.
Mais aujourd’hui je suis passé en mode tolérance et attention zéro. Déjà, je n’achète plus tout et n’importe quoi et puis si dès sa première heure, un jeu m’irrite de par son interface, ses visuels, son histoire ou whatever quoi, je le revends dans l’après midi. Pendant les loadings ou une cutscene chiante je dégaine mon iPhone et je fais un petit tour facebook, twitter, gmail, linkedin. Et enfin, si après bien des heures de fun, un jeu commence à tourner en rond ou ne tient pas ses promesses, je le revends le weekend suivant. Je n’ai plus le temps, mais je n’ai surtout plus l’envie ni la patience.
L’envie est ailleurs désormais, et en ce moment c’est du côté de Flipboard l’application pour iPad. Connecté à facebook, twitter, ted, gamasutra, kotaku, variety, libération et touch arcade, j’ai mon concentré de news sous un format « magazine ». Je dévore des nuggets d’informations générales et personnelles, je cherche les pépites que je vais re-poster à mes camarades (si c’est niche ou juste un brain fart = twitter, si c’est mainstream = facebook, si c’est un truc qui m’interpelle plus personnellement = blog). Je peux y passer dix minutes ou deux heures, c’est la meilleure interface pour parcourir les tweets, et je suis responsable de la sélection des informations qui y circulent.
Si moi j’en suis là, à investir mon temps dans une expérience socialo informative et compilatoire, qu’en est-il du reste du monde? C’est quoi le futur si le présent c’est Walking Dead qui organise des twitter sessions pendant la diffusion de leurs épisodes pour satisfaire le besoin de multitasker tout en gardant l’audience captive? Qu’est ce que ça veut dire pour l’avenir du jeu vidéo? Putain de boulot, tu es partout!
The best film of 2012 is a video clip by Daniel Wolfe? (Rated M / Int-16ans)
“What if a Gen Y Patrick Bateman was among us?”
The Shoes “Time to Dance” – 2012
Alors moi je dis là tout de suite, j’aperçois enfin la relève de Larry Clark et d’Aronofsky et peut être enfin quelqu’un en mesure d’adapter du Bret Easton Ellis.
Le clip est réalisé par Daniel Wolfe. Daniel Wolfe, who dat? Rapido comme ça sur la toile, pas de trace sur imdb, juste deux clips dans la même veine que Time to Dance; clips ressemblant désormais à des ébauches du dernier.
The Shoes “Stay the Same” – 2011
Chase & Status featuring plan B “Pieces” – 2009
Me and my coprophagous doggie
Jerry Maguire meets Far Cry 3 in the meme of the week
Far Cry 3 in your face dubstep title is becoming a meme; and as this one proves it, it could work with almost anything.
Le trailer de l’année?
Ayé, le trailer du “jeu de l’île aux fous de papa” est out (dixit mon fils qui ne verra pas ces images avant longtemps). Ci dessous quelques perles de commentaires aperçus sur le net aujourd’hui:
“I love insanity man.”
“wub wub wub wub wub wub.”
“Hangover 3!”
“I won’t buy it because of DRM, fuck Ubisoft.”
“The hero dude is a douche or what?”
“I loved it until the music started.”
“GOTY.”
“Noisia! LOVE DUBSTEPS!”
“I want real gameplay, don’t care about CG bullshit.”
“The premise is awesome, preorder!”
“Why all game developpers use dubsteps for their trailers?”
“Insanity man is boss.”
L’évènement du mois
Les phrases de la semaine
“Lui en entretien je l’ai trouvé trop décontracté du gland.”
“Tac tac badaboum, problem solved.”
“On en a chié des ronds de chapeaux sur cette mission.”
“I was a LAPD police officer before becoming a video game journalist.”
“Il ne faut jamais cesser de les surprendre, il faut les empêcher d’assembler un pattern, il faut que leurs têtes explosent.”
“T’es personne ici tant que tu n’as pas shippé un jeu.”
“Ouais c’est pas mal, c’est plus beau que bien tout de même.”
“BOUM! Dans le cul!”
“Il faut que vous preniez un chien.”
“Pour régler cette séquence ça nous prend le gars des vues.”
“Il serait parfait, on devrait le récupérer au rebond, Moneyball style.”
“Papa, ça va comment sur ton jeu de l’île aux fous?”
“As they said when I arrived, you’re on your own.”
L’obsession du jour
Ce clip m’obsède, je ne peux m’empêcher de le matter en boucle. These guys rock.
Infection 3: Hospitalisation
Chambre 1 – Pavillon d’isolation
Au départ je pensais rester un jour ou deux, ils m’ont finalement gardé une semaine. La raison étant qu’au deuxième jour le zona s’est propagé sur le reste de mon corps. Ce qui n’est absolument pas normal pour un homme de mon âge, de plus censé être en relative bonne santé. Du coup soudainement je deviens un cas “Docteur House” et trois départements – ORL, Immunologie et Microbiologie – m’inspectent de très près. Le danger? Que j’ai une immuno-déficience latente qui aurait provoqué l’expansion du zona. On parle V.I.H ou cancer là.
Après trois jours d’interrogatoires sur mes potentielles failles ainsi que mes pratiques les plus intimes passées et présentes : « Etes-vous hypoglycémique ? Avez vous eu des rapports non protégés ? Avec des hommes ? Avez vous pris de l’héroïne ? De la cocaïne ? Avez vous partagé la paille avec d’autres ? Etes vous végétarien ? Diabétique ? Asthmatique ? ». Après trois jours de prises de sang, d’analyses des bactéries, de scanners et radios, il s’est avéré que j’avais probablement été très malchanceux, rien de plus. Un des médecins a plaisanté en jetant sa combinaison anti-infection dans la poubelle avant de sortir de la chambre: “Votre immunodéficience c’est le travail monsieur pik0ti, le travail.”
Entre temps, l’immuno a identifié la cause de la surinfection et a modifié le traitement en fonction. A l’heure où j’écris ces lignes j’ai encore deux nuits à passer à l’hôpital pour s’assurer de la cure du zona. Je n’ai pas consulté internet depuis six jours, je suis bientôt à cours de films et de séries sur mon iPad, je suis sale et n’ai qu’une envie c’est de prendre une douche (je suis censé me laver dans un lavabo), de manger un bon repas (c’est pas dégueu ici, c’est juste comme à la cantine) et retourner au boulot m’activer un peu.
C’est à ce moment là, vers 20h qu’on m’annonce ma migration vers une autre chambre car personne n’est censé rester plus de trois jours en isolation…
La visite
Je suis en train de réunir mes affaires pour migrer à l’étage des patients ORL lorsque Jeffrey Yohalem, collègue et ami d’Ubisoft Montréal débarque. C’est débile comme ça mais ça fait vraiment plaisir d’avoir des visites. En tant que récent immigrant j’ai laissé tous mes proches et ma famille de l’autre côté de l’Atlantique. Beyond lightspeedchick je n’ai pas encore tissé de liens suffisamment forts à Montréal pour que des gens me visitent à l’hôpital.
Je ne suis néanmoins pas dans un bel état et remarque l’expression de surprise qu’arbore Jeffrey (il me connaît bien propre sur moi): là je suis livide et sale, j’ai les cheveux très gras, je porte moustache et barbe d’imberbe d’une semaine, je suis habillé d’une tunique d’hôpital plus jogging et je me trimballe avec mon porte intra veineuse à roulettes. J’évoque néanmoins sur un ton léger les différentes péripéties des derniers jours et insiste sur l’épisode Dilaudid*. Puis nous discutons des derniers développements de FarCry 3 et d’Ubi Montréal tout en nous rendant à l’autre chambre. Au passage dans le couloir, je lui pointe une salle avec une baignoire au centre et lui explique que c’est la seule putain de baignoire de l’étage d’isolation, et que les patients sont censés se laver à l’ancienne, dans le lavabo de leur chambre. Jeffrey frissonne en jetant un œil à la baignoire et compare l’endroit à un décor de Resident Evil.
Chambre 2 – Pavillon ORL
Jeffrey trouve l’étage ORL beaucoup plus sympathique et vivant que celui de l’isolation. Pour moi c’est du pareil au même, statu quo en quelque sorte. Le lendemain par contre, je réalise que le statu quo est juste dans ma tête car à l’étage ORL j’ai un label « d’infecté ». Les gens qui entrent dans ma chambre doivent se protéger et ça n’a pas l’air d’être dans leurs habitudes. Résultats, les infirmières entrouvrent la porte et me jettent des regards profondément inquiets, voire terrifiés et soudainement j’ai l’impression d’être un danger public, une bête bizarre. Hey! Je ne suis probablement même plus contagieux; et je ne suis pas porteur de l’Ebola non plus.
D’ailleurs, les infirmières de l’étage ont tellement peur de moi qu’elles en oublient de m’apporter mes repas. Putain, les repas à l’hôpital c’est la lumière de la journée. Vous me retirez ça et en plus d’être affamé je deviens fou. Résultat, j’ai râlé à la Française pendant 24h et ils ne m’ont plus oublié ensuite.
Puis finalement j’ai le droit de partir, les médecins me fixent des rendez-vous pour les semaines à venir. L’infirmier retire mon intraveineuse. Je sors de ma chambre, prends l’ascenseur, traverse le hall jusqu’à la porte de sortie qui s’ouvre automatiquement et laisse entrer l’insoutenable froid mordant de l’hiver Canadien (-15°C ce jour là). J’aimerai bien remonter dans ma chambre, me faire chouchouter encore un peu, dormir à ma guise et n’avoir à me soucier que de mon prochain repas… Mais il est temps d’affronter le reste du monde, à nouveau.
*BONUS: A propos du Dilaudid
Rien ne pouvait calmer ma migraine pendant les deux premiers jours d’hôpital. Rien, nibe, nada. J’en ai parlé aux infirmières et les ai imploré de me trouver quelque chose car la douleur était véritablement insoutenable. Après une attente « administrative » d’environ 24h on m’a prescrit du Dilaudid. Je ne savais pas ce que c’était, ça brulait de folie lors de l’injection pour ensuite très rapidement diffuser une vague de chaleur à travers tout mon corps. J’étais alors quasi instantanément apaisé, voire totalement abruti et/ou anormalement enjoué pour les cinq heures suivantes. Pendant deux jours, j’ai reçu quatre à cinq shots de Dilaudid par jour, j’ai beaucoup dormi et je ne ressentais plus aucune douleur. Lightspeedchick qui avait fait sa petite enquête m’a alors expliqué que le Dilaudid faisait partie de la famille des opiacés…
Cela fait deux jours qu’on me shoote à l’opium, c’est gratuit et légal, YES!
Les jours suivants le reste du traitement commençait à faire son effet et je n’avais plus vraiment besoin du Dilaudid. Mais les infirmières n’arrêtaient pas de me le proposer : « Oh vous savez, vous avez le droit d’en avoir une dose toutes les cinq heures. » ou encore : « Vous n’en abusez pas du tout, vous pouvez en avoir quand vous voulez. ». Les infirmières sont des pushers ou bien ? Est-ce qu’elles réalisent à quel point les journées sont longues et chiantes ? A quel point les plateaux repas deviennent rapidement les points culminants de la journée ? TENTATION. Bref, en début d’après midi du quatrième jour j’ai craqué et ai demandé un shot de Dilaudid histoire de tuer le temps. J’en ai vu des couleurs et des formes morpher en visages et buildings pendant de longues minutes derrière mes paupières closes… Le pied en quelque sorte, jusqu’à ce que bien évidemment une paire de docteurs décident de me rendre visite pendant que je tripe à fond les ballons.
Je reconnais l’homme, c’est celui qui, pour établir mon diagnostique, m’a demandé si je baisais des hommes. La femme je ne la connais pas. Elle est grande, jeune, cheveux roux frisés et parle très vite et très fort (à moins que le Dilaudid n’altère ma perception). Bref ils m’ont tellement pris de court que je me sentais en train d’écarquiller les yeux tout en enchaînant des grimaces incontrôlables, à la manière de Johny Depp en Hunter Thompson dans Fear and Loathing in Las Vegas.
J’ai alors décidé de ne plus jamais être pris de court et de prendre mon mal en patience pendant les longues journées d’hôpital. Good times though.


